© Antoine Valay - 2017 / Collection Balias

Le Château Balias est le centre névralgique des activités du peintre depuis 25 ans. Son histoire commence lorsque Charles IV d’Alençon crée le fief associé plus tard au nom de Sérans. La lignée des princes de sang s’éteignant au début du XVIIe siècle, le duché d’Alençon est légué au domaine royal en 1607. C’est en 1645 que Louis XIV y fait construire un premier manoir, détruit à la Révolution mais dont on peut encore admirer les anciennes caves. Les jardins à la française et un miroir d’eau qu’on dit être signés du génie d’André Le Nôtre forment depuis toujours l’écrin du château. Le domaine est cédé en 1708 à Daniel le Petit, seigneur des Ifs qui par mariage acquiert le nom de Sérans.

C’est durant l’Empire que l’histoire du Château Balias prend toute sa mesure rocambolesque. Selon la légende, le comte de Sérans, noble et royaliste, émigra en Italie où il rencontra une noble dame de Sienne du nom de Ciannelli. L’amnistie des émigrés signée par Napoléon Bonaparte en 1802 leur permit de rejoindre la France où, accompagnés d’un architecte toscan aujourd’hui inconnu, le compte fit ériger un palazzo florentin en plein cœur de la Normandie : c’est celui-ci qui trône aujourd’hui au milieu du parc. La famille s’éteignit au début du XXe siècle, laissant le château partiellement à l’abandon aux mains d’une famille d’agriculteurs l’utilisant comme garage et verger.

En 1991, Balias et sa famille rachètent le château et il s’ensuit une période de vingt années de grands travaux, de rénovation des jardins, de grandes décorations intérieures de la main de Balias, bref, une restauration complète de cet édifice ruiné par le temps qui retrouvait ainsi son âme et une splendeur nouvelle.